Lucile Richardot et Philippe Grisvard

Alessandro Scarlatti - Cantate da camera

Alessandro Scarlatti maître incontesté de la cantate

Scarlatti domine ses concurrents non seulement par la quantité, mais les surpasse plus encore par son redoutable génie. La vaste majorité de ses cantates est composée pour voix de soprano soutenue par la seule basse continue. Sans ostentation, la cantate est ainsi réduite à l’essentiel, et un accompagnement au clavecin seul s’impose comme le choix le plus convaincant, et le plus historique. Les trois cantates que nous proposons ce soir donnent une image assez fidèle de la variété et de la richesse d’invention du compositeur sicilien : Al fin m’ucciderete, une des cantates les plus célèbres de son temps, est un sommet de mélancolie ; la liberté formelle et l’humour grinçant de La Lezione di Musica, véritable mise en abîme du genre, en font une cantate atypique ; enfin, la légèreté et le charme de Sento tel core certo dolore contraste avec la complexité des autres cantates.

Pour préparer l’enregistrement dont nous célébrons ce soir la sortie, près de 480 cantates manuscrites ont dû être passées en revue dans un premier temps, afin d’en dégager celles destinées à être déchiffrées, pour ne pas dire défrichées – ce répertoire étant presque absolument méconnu, et n’ayant pas encore fait l’objet d’éditions sérieuses. Les deux artistes sont fiers de présenter aujourd’hui le fruit de leur travail.

Programme

Anonyme florentin (fin XVIIème siècle)
Toccata
Passagagli

Alessandro Scarlatti « La Lezione di Musica » H 547
Recitativo : Per un vago desire
Aria : Tirsi ti pentirai
Recitativo : S’avvide Tirsi allor
Aria : Mi fa morir
Recitativo : Disse, e così poi egli seguì
Aria : Un sospiro oh Dio perché
Recitativo : Qui Tirsi innamorato

Alessandro Scarlatti Toccata IV
Arpeggio, Allegro
Fuga

Alessandro Scarlatti Sento nel core certo dolore » H 655
Aria : Sento nel core certo dolore
Recitativo : Bella Clori vezzosa
Aria : Temo d’innamorarmi

Anonyme florentin (fin XVIIème siècle) Preludio Cantabile con Ligature, Passagagli Pastorali 

Alessandro Scarlatti Al fin m’ucciderete H 21 (1705)
Recitativo : Al fin m’ucciderete o miei pensieri
Aria : Io morirei contento
Recitativo : Clori mia, Clori bella
Aria : Faria la pena mia

Privilège Mélomane

J’en profite

 

Présentation par Éléa Hetzel et Ornella Chasline, élèves d’hypokhâgne option Musique du Lycée Fénelon de Paris.

Auteur de plus de 800 « cantates de chambre », Alessandro Scarlatti (Scarlatti père) est le maître incontesté du genre : ces cantates étaient en Italie au coeur des concerts privés de l’aristocratie, et notamment de l’Académie de l’Arcadie, créée à Rome en hommage à la reine Christine de Suède, alliant au raffinement de la réalisation improvisée du continuo l’esprit théâtral propre à l’école italienne, dont Alessandro Scarlatti est un représentant majeur en ce début du XVIIIe siècle.

Ce répertoire est aujourd’hui méconnu, et l’enregistrement sorti ce 20 janvier chez Audax Records est le fruit d’un long travail sur les partitions manuscrites, dont très peu encore ont été éditées. Philippe Grisvard et Lucile Richardot ont souhaité redécouvrir ce pan immense et central de la production de celui qu’on surnommait « l’Orphée italien », car la cantate est véritablement le coeur de son oeuvre. Dans la sobriété de cette forme brève qui laisse à une voix seule toute la liberté d’un vaste déploiement, le compositeur a pu expérimenter audaces harmoniques et nouvelles propositions mélodiques pour les interprètes exceptionnels dont il disposait et, dans le cercle intimiste des concerts privés, explorer l’expression des « affects » et des amours malheureuses, thème majeur du genre.

Entre la mélancolie légère de « Sento nel core », chantant le trouble d’un amour naissant, la provocation formelle et le ton satirique de « La Lezione di Musica », dans laquelle ressortent les sept syllabes des notes de la gamme – do, ré, mi, fa, sol, la, si – en une parodique mise en abyme musicale, et le charme éminemment sophistiqué de « Al fin m’ucciderete » où s’exhalent les soupirs d’un amour tourmenté, les trois cantates interprétées ce soir, alternant avec des pièces flamboyantes pour clavecin, font percevoir la diversité et l’inventivité de ce compositeur génialement éclectique. 

Philippe Grisvard a choisi de réaliser la basse continue au seul clavecin pour former avec Lucile Richardot un duo intime et virtuose. Ces deux grands interprètes, références majeures dans le monde de la musique ancienne, allient instinct et savoir pour redonner vie à un répertoire aussi fascinant qu’émouvant : une véritable recréation, au confluent d’hier et d’aujourd’hui.

Biographies

Lucile Richardot

Initiée aux Petits Chanteurs à la Croix de Lorraine d’Epinal, formée à la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, puis au CRR de Paris en musique ancienne, elle aime embrasser toutes...

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Philippe Grisvard

Décrit comme un claveciniste et un fortepianiste faisant « valoir une main de fer dans un gant de velours » (Diapason), Philippe Grisvard s’est imposé comme l’un des principaux experts actuels...

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